Le mont Fitz Roy

Arrivés à ElChalten, nous cherchons immédiatement à réserver nos billets pour en partir et grand bien nous a pris puisque nous apprenons que :

  • Toutes les compagnies sauf une ne font plus le trajet qui nous intéresse vers la carratera Austral
  • La compagnie qui le fait ne le fait plus que un jour sur deux

Forcément le un jour sur deux ne nous arrange pas, nous comptions rester 2 nuits et finalement après avoir négocié avec notre hostal, nous n’y resterons qu’une et achetons donc tout de suite nos billets pour le lendemain.

Une fois les formalités administratives réglées, nous nous empressons donc de partir pour notre première randonnée du jour en direction de la Laguna Torre. La guardaparque nous avait briefé à l’arrivée dans la ville : c’est très facile et tout plat ! Les 2 kilomètres qui nous séparent du premier mirador sont en fait en montée et les courbatures du trek se font un peu ressentir.

Sur le chemin, nous croisons un petit couple de perroquets pas farouche du tout qui farfouillait entre les branches à la recherche de leur pitance du jour.

Arrivés au mirador, on peut voir le reste du chemin qui s’avérera effectivement plat ainsi que le mont Fitz Roy au loin. Ce sera l’objectif de la rando du lendemain.

Nous avalons rapidement les 8 Km nous séparant de la lagune et c’est devant ses icebergs et son mini glacier que nous flanons en profitant de la vue. 

Au moment de repartir par un chemin en surplomb du lac, deux aigles pas du tout impressionnés nous barrent le chemin.  Nous pensions qu’ils s’envoleraient à notre approche mais arrivés à un mètre d’eux, c’est nous qui avons finalement préférés faire demi-tour 😰

Le retour s’est passé sans encombres. Nous partons donc à la recherche de victuailles car nous avons une grande cuisine dans notre cabane et comptons bien l’exploiter pour une fois que nous le pouvons. C’était oublié que nous sommes dans un petit village perdu au milieu de la Patagonie et le minuscule supermarché du coin n’a manifestement pas été approvisionné depuis belle lurette. Nous repartons donc avec deux pommes de terre et un brocoli rachitique qui nous permettra de faire la purée la plus insipide de notre voyage so far. Heureusement, nous retrouvons ensuite Alexis et Antoine, nos 2 français rencontrés lors du trek au Torres del Paine dans notre salon/cuisine pour un petit pot au pinard bien plus goutu, de quoi nous revigorer pour ce qui nous attend le lendemain.

Malgré le vent qui s’est levé pendant le nuit, nous rejoignons nos compères de la veille au point de départ de la rando et nous commençons à cheminer. Le début du chemin est un peu comme la veille, ça monte mais rien de bien méchant, on a vu pire. On arrive au premier mirador qui donne sur la grande vallée derrière la ville, le vent commence à souffler mais le temps se maintient quand même donc nous continuons.

On traverse une belle forêt d’arbres rouge, orange, jaune, vert, les belles couleurs de l’automne sont agréables et c’est sous leurs couverts que nous progressons jusqu’à la plaine suivante. Une fois que nous attaquons la plaine, les éléments s’animent comme pour nous dire qu’ici, c’est la Patagonie. Un vent à décorner les boeufs nous ralentit et la pluie nous fouette le visage de plus en plus fort. À un moment ce n’est plus tenable et nous quittons alors le sentier pour trouver un abri derriere une pierre  suffisamment grande pour protéger 4 randonneurs trempés le long de la montagne. Nous y ferons notre pause repas et repartirons une heure plus tard une fois que la pluie se sera calmée (pas le vent mais il faut avancer!).

Nous arrivons ensuite au point de départ de la montée finale : 400 mètres de dénivelé sur un chemin long d’un kilometre, je vous laisse faire le calcul. Le vent et la pluie ont repris à cette altitude mais nous ne ferons pas demi-tour arrivés aussi loin. La montée est physique mais on progresse à notre rythme. Juste avant le sommet, un goulot laisse s’engouffrer le vent tout en l’accélération. Bien évidemment, notre chemin y passe aussi et nous traversons tant bien que mal en essayant de ne pas se faire balayer par le vent.

Nous sommes enfin en haut, en léger surplomb du Lago de Los Tres d’un bleu électrique. Malheureusement, le mont Fitz Roy est caché dans les nuages et nous ne le verrons pas. Le temps n’est vraiment pas top et la pluie et le vent nous font écourter notre stop au sommet. Nous avons quand même la fierté d’avoir terminé cette randonnée, d’autant plus dans les conditions dans lesquelles elle a été réalisée.

Le chemin en sens inverse est plus aisé, sa descente et le temps s’améliore progressivement. On presse tout de même le pas car il faut récupérer les sacs et retourner au bus, nous passerons la nuit en roulant en direction de Los Antiguos pour retourner au Chili pour un peu plus longtemps cette fois.

Laisser un commentaire