Ile de Pâques: Volcan Rano Kau et le culte du Birdman

Nous voici partis à la découverte de la pointe sud de l’île où se trouve non seulement une réserve naturelle exceptionnelle mais aussi un ensemble archéologique indispensable à la compréhension des différentes périodes historiques de l’île.

La réserve naturelle de Rano Kau:

Il s’agit d’un ancien cratère (ce volcan fait parti des 3 qui ont permis la création de l’île) effondré en son centre et dans lequel une lagune s’est installé. Il s’agit d’une réserve biologique primordiale pour l’île car le cratère permet de protéger des vents et des prédateurs l’ensemble des plantes en son centre. Pour plusieurs espèces endémiques, c’est là l’unique endroit où l’on peut encore les trouver. Interdiction donc de descendre dans le cratère, mais la vue d’en haut est largement suffisante. On réalise l’ascension en 2h, mais le soleil cogne ici, on est clairement plus habitués !

On marche sur la crête du cratère, en pleine nature (à travers buissons, puisqu’ici la nature a tous les droits et recouvre entièrement le chemin!). Ceci nous amène sur les falaises en bord de mer, à Orongo, là où le culte du Birdman a battu son plein.

 

Le site archéologique : un peu d’histoire maintenant.

Bien qu’il y ait encore de nombreuses énigmes autour de l’île de Pâques, l’histoire dans ses grandes lignes est la suivante. Les peuples d’Océanie : Polynésien, Hawaïen et Pascuans auraient tous une origine commune (on retrouve des similarités dans les cultes, objets, dieux, etc..), mais les Pascuans sont les derniers à « naître ». Des Polynésiens auraient decouverts l’île entre 800 et 1200 ans après JC et à partir de là une nouvelle population se créé au beau milieu de nulle part, développant ses propres cultes et coutumes : les Rapa Nui sont nés. Une première période historique appelée Ahu Moai, se joue jusqu’au XVIIème siècle et est de loin la plus célèbre. C’est durant cette période que le peuple Rapa Nui est à son apogée et est à l’origine de la construction de l’ensemble des Moais, qui sont en fait des centres funéraires rituels. Les Rapa Nui sont organisés en clans hierarchisés, et chacun des clans veut montrer sa toute puissance. Les Moais sont ainsi erigés par les différents clans en l’honneur de leurs défunts ancêtres sur des Ahu (plateformes de pierres avec une zone pour les statues et différentes zones rituelles autour).

Mais cette communauté Rapa Nui est trop fortement hierarchisée et des rebellions vont apparaître au XVIIème siècle, l’ordre est remis en cause ainsi que le roi. Les Moais sont alors tous renversés (ceux que l’on voit debout sont des reconstitutions, aucun n’a survécu debout!) et une nouvelle croyance se met en place: le culte du Birdman donnant lieu à la seconde période historique Huri Moai. Il s’agit d’établir un nouveau chef n’ont plus grâce à son lien de sang avec le roi mais grâce à sa force et son courage. Orongo, le village que nous sommes venus visité, est l’endroit où se realisait une fois par an ce culte. Les plus valeureux de chaque clans se preparaient à descendre les 300m de falaise, puis traverser à la nage jusqu’au premier îlot : Motu Nui, afin d’obtenir le premier oeuf de l’hirondelle de mer endémique: Manutara. Il pouvait attendre quelques semaines seuls sur le Motu. Puis il s’agissait de ramener l’oeuf en premier à Orongo. L’homme oiseau était alors élu Tangata Manu pour un an, soit le nouveau chef de l’île. La cérémonie durait entre juillet et septembre, raison pour laquelle un village de pierre a été construit à Orongo pour accueillir la population ainsi que l’ensemble des cérémonies connectées à l’événement.

Cette seconde période dans l’histoire des Rapa Nui va s’arrêter brusquement en 1864 avec l’arrivée des missionnaires catholiques, qui non seulement​ vont chercher à évangéliser mais en plus ramènent avec eux des animaux (rat, renards, poulets, …) qui vont dévasté la faune et flore endémique. Les Rapa Nui vont disparaître en quelques décennies.

Le site d’Orongo accueille ainsi une cinquantaine de maison qui s’imbriquent à flan de falaise. Elles sont constituées d’une pièce principale elliptique, entourée d’un double mur solidifié par de la terre. Le toit  est constitué de pierres imbriquées et est recouvert par la végétation. Les maisons peuvent ainsi affronter les intempéries au fil des années.

Lors de notre visite nous avons eu droit à un tournage où un chef et ses alliés se promenaient en tenue traditionnelle (presque nu donc !).

On trouve sur le site également de nombreux geoglyphes représentant divers dieux et principalement le dieu créateur Make Make.

Avant l’ascension, au pied du cratère et du village d’Orongo, nous avons visité une cave Ana Kai Tanjata qui servait à la confection de canoë mais jouait également un rôle dans les rites autour de la cérémonie du bird man.

Pour le redescente, un peu flemmards mais surtout amusés de vérifier l’efficacité du stop, nous retentons. La problématique ici est qu’il y a peu de passage, néanmoins après 10min, une voiture arrive, et l’efficacité n’est plus à démontrer!

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Merci pour cette leçon d’histoire! Je ne connaissais pas du tout! 😘

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